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Les PV de stationnement sont bien illégaux !
Ainsi en a décidé la cour d’appel de Versailles dans un jugement rendu la semaine dernière, validant l’action engagée par l’association et ouvrant la voie à des milliers de recours.
La petite
bombe juridique,
lancée cet été
par
l’association 40
Millions
d’automobilistes,
et révélée dans
notre journal
dans son édition
du 11 juillet,
n’a pas pu être
désamorcée.
L’affichage du
ticket de
stationnement,
celui que l’on
retire après
avoir payé son
stationnement
auprès d’un
horodateur et
que l’on doit
mettre derrière
son pare-brise,
n’a en effet
définitivement
plus de
fondement légal.
« Nous avions découvert, en défendant le cas d’une
de nos adhérentes poursuivie pour non-affichage
de ticket horodateur, que cette infraction ne
figure dans aucun texte du Code de la route, aucun
article du Code pénal et aucun arrêté municipal en
France, explique Rémy JOSSEAUME, président de la
commission juridique de 40 Millions
d’automobilistes. En mai, le tribunal de police de
Versailles avait jugé que l’infraction n’avait aucun
fondement légal. Et la municipalité de
Montigny-le-Bretonneux, dans les Yvelines, lĂ oĂą
l’infraction avait été relevée, s’est empressée de
modifier son arrêté sur le stationnement payant. La
semaine dernière, la cour d’appel de Versailles nous
a donné une nouvelle fois raison, en rejetant
l’appel déposé par l’administration. »
« L’administration doit changer ses modes de
poursuite et ses textes »
Plus aucun recours n’est possible, et ce jugement
peut faire office de jurisprudence. Une mauvaise
nouvelle pour l’Etat et les communes qui risquent de
voir s’envoler le montant des quelque 7 millions de
contraventions pour stationnement délivrées chaque
année. « Pour être dans la légalité,
l’administration doit changer ses modes de poursuite
et ses textes, affirme Philippe YLLOUZ, l’avocat de
l’adhérente. Ou alors, les poursuites engagées
demeureront privées de base légale ! »
Depuis la révélation de ce couac administratif et
juridique, l’association a reçu plus d’une
cinquantaine de dossiers de contrevenants confrontés
à la même situation et souhaitant se défendre. «
Certains ont utilisé dans leurs arguments écrits le
jugement obtenu, et obtenu l’abandon des poursuites
», précise Rémy JOSSEAUME. N’importe quel
automobiliste devant payer une amende pour «
non-affichage de ticket » peut donc, avec l’aide
d’un avocat, plaider la relaxe en s’appuyant sur cet
exemple. Encore faut-il que la commune où il a été
verbalisé n’a pas modifié ses textes, et rendu
obligatoire l’affichage du ticket horodateur.

