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CONTROLES RADARS: NOUVELLES MARGES D'ERREUR ?

ARTICLE LE PARISIEN
ARTICLE LE FIGARO
Tout usager de la route peut effectivement
s’interroger sur l’application des nouvelles marges de tolérances des radars et demander à l’Administration d’uniformiser les procédures de contrôle de vitesse.
Un arrêté du 4 juin 2009 relatif aux radars de contrôle routier publié au
Journal Officiel le 23 juin dernier, institue une nouvelle marge de tolérance
des radars.
Les erreurs maximales tolérées applicables aux radars fixes
neufs ou réparés
sont
de plus ou moins
3 km/h (pour les
vitesses inférieures à 100 km/h) ou de plus ou moins 3 % de la vitesse (pour les
vitesses égales ou supérieures à 100km/h), alors qu’elles sont actuellement de 5
% ou 5 km/h pour les radars déjà en service.
Arrêté du 4 juin 2009
Art. 5. −
Les erreurs maximales tolérées applicables aux instruments neufs ou réparés sont les suivantes :
– pour les
cinémomètres à poste fixe :
– plus
ou moins 3 km/h, pour les vitesses inférieures à 100 km/h ;
– plus ou moins 3 % de la vitesse, pour
les vitesses égales ou supérieures à 100km/h ;
– pour les cinémomètres installés dans un véhicule en mouvement :
– plus ou moins 7
km/h, pour les vitesses inférieures à 100 km/h ;
– plus ou moins 7 % de la vitesse, pour les vitesses égales ou supérieures à 100 km/h.
Art. 6. −
Les erreurs maximales tolérées applicables aux instruments en service sont les suivantes :
– pour les
cinémomètres à poste fixe :
– plus
ou moins 5 km/h, pour les vitesses inférieures à 100 km/h ;
– plus
ou moins 5 % de la vitesse, pour les vitesses égales ou supérieures à
100 km/h ;
– pour les
cinémomètres installés dans un véhicule en mouvement :
– plus ou moins
10 km/h, pour les vitesses inférieures à 100 km/h ;
– plus ou moins 10 % de la vitesse, pour les vitesses
égales ou supérieures à 100 km/h.
Ces
nouvelles marges de tolérance vont nécessairement créer une confusion dans
l’esprit de l’automobiliste qui ignorera la marge de tolérance applicable au
radar qui l’aura verbalisé et parmi les forces de l’ordre qui devront
spécialement paramétrer leur appareil selon qu’il est neuf, réparé ou déjà en
service ».
D'ou ces questions et demandes formulées
demande à l’Etat afin de clarifier l’application de ces nouvelles dispositions :Face aux demandes de clarification et d'uniformisation des marges techniques des radars formulées par 40 Millions d'automobilistes, le Ministère de l'Industrie a indiqué hier soir que les nouvelles marges techniques de 3 km/h ou de 3% au delà de 100 km/h ne concernaient que les exigences en matière d'homologation des appareils. Les marges techniques utilisées dans le cadre des verbalisations (5km/h ou 5% au delà de 100 km/h) par les forces de l'ordre ne changent pas.
Il faut évidemment se réjouir de ces précisions. Le
maintien des marges techniques à 5km/h ou 5 % n'était pourtant pas prévu
dans l'arrêté du 4 juin 2009.
En effet l'arrêté du 7 janvier 1991 qui a été abrogé par l'arrêté du 4 juin
2009 définissait clairement les marges appliquées dans le cadre de
l'homologation et dans le cadre des vérifications périodiques. C'est en se
référant aux marges applicables aux vérifications périodiques que la
circulaire du 30 novembre 1992 a édicté le principe des erreurs de tolérance
retenues dans le cadre des verbalisations.
Dans la mesure où l'arrêté du 4 juin 2009 ne retient désormais qu'une seule marge technique évoluant selon le caractère neuf, réparé ou non de l'appareil, il était logique de considérer, avant toute précision des pouvoirs publics, que les marges techniques retenues dans le cadre des verbalisations étaient désormais les mêmes que celles exigées dans le cadre de l'homologation des radars.
La précision du Ministère de l'Industrie s'avérait donc nécessaire, et il est d'ailleurs regrettable que l'adoption de nouveau texte en matière de droit routier se fasse systématiquement dans une cacophonie dérangeante et nécessite toujours une mobilisation associative pour alerter les pouvoirs publics sur les problèmes juridiques posés par la mise en place trop rapide de nouveau texte.
... les suites ...
En raison des risques sérieux de confusion et d’entrave aux droits de la
défense, l’Etat se doit de maintenir des marges de tolérances uniformes d’avant
l’arrêté critiqué.
Les constructeurs devront livrer des radars plus précis, selon un arrêté publié récemment au Journal officiel, qui ne remet pas en cause la marge de tolérance de 5% appliquée par les forces de l'ordre aux automobilistes lors des contrôles de vitesse.
L'association 40 Millions d'automobilistes, qui a révélé lundi matin l'existence de cet arrêté, a immédiatement "mis en garde" les automobilistes sur ces nouvelles marges de tolérance et réclamé une uniformisation des procédures dans un souci de transparence.
"Cette mesure, assure l'association, risque de créer une confusion tant dans l'esprit des conducteurs que des forces de l'ordre et demande donc à l'administration l'uniformisation des procédures de contrôle, pour éviter que les premiers ne se sentent encore plus piégés".
Cette prise de position a suscité quelques heures plus tard une ferme mise au point des ministères concernés interrogés par l'AFP.
Le ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi a tout d'abord assuré que ce texte limite les "erreurs maximales tolérées" pour la construction des radars et entend "prendre en compte les évolutions technologiques des appareils de contrôle de vitesse en intégrant les nouveaux types de radars automatiques et les jumelles lasers".
Un peu plus tard, le porte-parole du ministère de l'Intérieur Gérard Gachet a affirmé que la modification de l'abattement actuellement accordé aux automobilistes ne pourrait être réalisée en l'absence d'un arrêté du ministère de la Justice.
