Un avis de la CNIL (*) risque de remettre à mal l'efficacité de ces nouvelles armes anti-chauffards.
La
CNIL dans un délibéré daté du
23 septembre, émet de sérieuses réserves
sur le traitement entièrement automatisé des
infractions et le système de connexions vers les
fichiers de cartes grises, des changements d'adresse de la
poste ou du système du permis à points.
Dans ses conclusions, après avoir étudié
en détail le projet soumis par le ministère
de l'intérieur, le président de l'instance,
Michel GENTOT, recommande ainsi une modification des règles
de la procédure pénale applicables à
ce traitement automatisé.
En clair, le système envisagé en l'état
n'est pas compatible avec les textes légaux. Plus
grave, la CNIL soulève que les nouvelles règles
du contrôle automatisé ne permettent pas une
contestation efficace de la sanction par les
contrevenants.
"La CNIL a raison de soulever ce problème",
analyse Rémy JOSSEAUME, juriste et administrateur
d'un site Internet spécialisé dans le droit
des automobilistes.
"Pour pouvoir se défendre, un citoyen doit
avoir accès des réception du PV, à
toutes les informations nominatives le concernant.
C'est la loi ! Or les PV qui seront transmis n'indiqueront pas les données récupérées auprès des fichiers de cartes grises, du permis à points ou de celui de la poste. Il suffirait même selon le juriste d'exiger auprès de la poste de ne pas transmettre à qui que ce soit sa nouvelle adresse, comme le droit l'autorise, pour que le système de contrôle automatisé ne puisse plus fonctionner.
"Le
système est également contraire à
l'article 2 de la loi informatique et libertés de
1978", continue Rémy JOSSEAUME, qui prévoit
qu'aucune décision de justice sur un comportement
humain ne peut avoir pour fondement un traitement automatisé
d'informations. Aucun tribunal ne sera compétent pour
juger une telle affaire."
(*) Commission Nationale Informatique et Libertés


