La loi d'amnistie n'a pas brillé par sa clémence envers les automobilistes.
Pour preuve, certains reçoivent
en ce moment des piles de relances (avis d'amende
forfaitaire majorée, avertissement ou commandement de
payer) alors qu'ils pensaient bien avoir bénéficié
de la clémence présidentielle.
Beaucoup
plus sélective que les précédentes, la
dernière loi d'amnistie fait pour la première
fois la distinction entre les stationnements gênants
et dangereux. Certains sont amnistiés, d'autres non
(voir le tableau ci-dessus) . Il faut, pour bien faire le
tri et réclamer si besoin, observer en détail
chaque PV. " Le doute profite toujours au prévenu"
A commencer par la date : l'amnistie ne concerne que des
amendes dressées avant la date fatidique du 17 mai
2002.
Inutile
de faire valoir votre droit à la clémence si
vous avez « fauté » après cette date. Par
contre, si votre PV entre dans le champ de l'amnistie,
l'administration a pu commettre une erreur. " Il
faut adresser une lettre de réclamation à
l'officier du ministère public dans les trente jours
à compter de l'envoi du rappel, conseille Rémy
JOSSEAUME, juriste spécialiste en droit pénal
routier et coanimateur d'un site Internet de conseil
automobile.
Il faut également envoyer une copie au
Trésor public de ce courrier qui demande le
classement sans suite des poursuites parce que l'infraction
entre dans les dispositions de la loi d'amnistie."
Les choses se compliquent si l'amende concerne ces fameux stationnements gênants désormais impardonnables. " Il convient d'envoyer la même réclamation en précisant que la nature de l'infraction est imprécise, continue Rémy JOSSEAUME, et de solliciter la réponse de l'administration. Si on ne reçoit rien en retour, on peut considérer que le PV est oublié. » En effet, les agents qui verbalisent ont souvent le tort de ne pas préciser la nature exacte de l'infraction et se contentent de cocher la case stationnement gênant sur le PV. Difficile a posteriori pour le fisc d'aller vérifier l'intitulé exact de chaque procès-verbal. " Le doute profite toujours au prévenu", précise Rémy JOSSEAUME. Et s'il y a une imprécision, c'est au verbalisateur de prouver le bien-fondé et les circonstances de l'infraction. "


