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COUAC
SUR LES RADARS ?
"Il n'y a aucune polémique à
entretenir. La procédure retenue est
parfaitement régulière", a affirmé
mardi Nicolas Sarkozy. "L'arrêté
interministériel a été publié en
temps et en heure, et celui qui fait
l'objet d'une petite polémique
permet de faire de la publicité à
quelques avocats. C'est bien pour
eux, mais ça ne m'empêchera pas de
continuer mon action pour diminuer
le nombre de morts sur les routes et
le nombre de blessés",
a ajouté le ministre de l'intérieur.
Selon lui, il y a eu 21 %
d'accidents de la route et 23 % de
blessés en moins durant le week-end
de la Toussaint par rapport à 2002.
Le ministre des transports, Gilles de Robien, a lui
aussi refusé d'alimenter la polémique. "Le droit
doit être respecté. Je trouve cela bien futile par
rapport à l'enjeu de sauver des vies humaines. Les
garanties légales de ce fonctionnement (des radars)
sont totalement assurées. Il n'y a aucune erreur
juridique", a déclaré le ministre.
Rémy JOSSEAUME, un autre juriste spécialisé en défense
des usagers de la route, a, lui, prévu de saisir le
Conseil d'Etat sur la base de l'article 2 de la loi du
6 janvier 1978, qui stipule qu'"aucune décision de
justice impliquant une appréciation sur un
comportement humain ne peut avoir pour fondement un
traitement automatisé d'informations donnant une
définition du profil ou de la personnalité de
l'intéressé".
Dans un communiqué commun publié plus tard dans la
journée, les ministères de l'intérieur, de la justice
et des transports précisent que les radars installés
ont été homologués par des décisions du ministère de
l'industrie prises les 11 février, 6 octobre et 29
octobre 2003. L'arrêté du 1er novembre "certifiant que
le dispositif répond aux exigences de sécurité des
systèmes d'information ne conditionne nullement la
validité juridique du dispositif", ajoutent les
ministères. "Il s'agit de dispositions purement
techniques, internes à l'administration. C'est un
arrêté qui aurait pu ne pas être publié",
concluent-il.
D'autant que, sur le plan légal, le dispositif aurait
été "bétonné", selon Rémy Heitz, délégué
interministériel à la Sécurité routière. "Les
débats auront lieu dans les prétoires. On ne répondra
plus aux polémiques", a-t-il déclaré. La validité
des nouveaux radars, qui ont déjà "flashé" des
milliers de conducteurs, reposerait selon lui sur
d'autres textes, notamment la loi contre la violence
routière du 12 juin 2003 et l'arrêté interministériel
créant le contrôle sanction automatisé, publié le 29
octobre au JO.
Les dix premiers radars automatiques sont entrés en
fonction le 31 octobre à midi, à l'occasion du
week-end de la Toussaint, considéré comme l'un des
plus meurtriers sur les routes. Au total, 4 400
contraventions pour excès de vitesse constatées depuis
vendredi avaient été envoyées lundi en fin
d'après-midi, selon la délégation interministérielle à
la Sécurité routière.
Une grande majorité des infractions a cependant visé
des dépassements de vitesse "modérés", de moins de 20
km/h. Les contrevenants doivent alors acquitter une
amende de 90 euros dans un délai de sept jours et
perdent un point sur leur permis de conduire. L'amende
s'élève à 135 euros pour un règlement dans les 30
jours et 375 euros au-delà. Pour un dépassement entre
20 et 30 km/h, l'automobiliste perd deux points de
permis, trois points pour un dépassement entre 30 et
40 km/h et quatre points pour un dépassement entre 40
et 50 km/h.
Mille radars supplémentaires seront progressivement
mis en place en 2004 et 2005.
