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L'Association "40 millions d’automobilistes" lance une action collective
contre l'Etat devant la CEDH

Elle entend en effet dénoncer publiquement : "la violation par l’Etat français des droits de la défense, lors des contentieux routiers.
D'après le Code de procédure pénale, un automobiliste qui souhaite contester la matérialité ou la légalité d’un PV peut adresser une réclamation à l’Officier du ministère public.

L'action lancée aujourd'hui publiquement par 40 Millions d'Automobilistes - l'association nationale forte de 320 000 membres répartis dans 25 automobile clubs régionaux - risque de faire grand bruit. Elle entend en effet dénoncer publiquement : "La violation par l’Etat français des droits de la défense, lors des contentieux routiers. Tous les freins administratifs et fiscaux visant à décourager la procédure de contestation des PV routiers sont illégaux", martèle l'association. Les condamnations juridiques prononcées successivement depuis 2002, à l’encontre de l’Etat sur ce sujet, sont restées à ce jour sans effet. Deux cas de jurisprudence européenne ont pourtant déjà condamné l’Etat français, pour l’abus de pouvoir des Officiers du Ministère Public."
ARTICLE


Pour contraindre l’Etat à se conformer
aux textes de loi, 40MA lance donc une
action contentieuse nationale devant la
Cour Européenne des Droits de l’Homme.
Elle invite toutes les personnes dont la
réclamation aurait été illégalement
rejetée ou recouvrée par exécution
forcée, à envoyer, sous deux mois, son
dossier à sa Commission juridique pour
être étudié :
"L’accumulation
des témoignages permettra de justifier
devant la Cour Européenne des Droits de
l’Homme, la violation des droits de la
défense et l’entrave à l’accès au
tribunal, sur lesquels l’Etat français
ferme les yeux."
D'après le Code de procédure pénale, un
automobiliste qui souhaite contester la
matérialité ou la légalité d’un PV peut
adresser une réclamation à l’Officier du
Ministère Public. Si la contestation
remplit les conditions de recevabilité
sur la forme, l’Officier a l’obligation
de la porter devant la juridiction de
proximité, à moins qu’il ne fasse preuve
d’indulgence, en la classant sans suite.
Or dans la pratique, les avocats
spécialistes du droit routier constatent
que les Officiers du Ministère Public
outrepassent, le plus souvent, leurs
prérogatives, se permettant de rejeter
sans droit ni titre la contestation du
contrevenant, en jugeant eux même la
pertinence du dossier soumis.
Selon Rémy JOSSEAUME, Docteur en droit
pénal routier et Président de la
commission juridique de l’association 40
millions d’automobilistes,
"cette pratique
totalement illégale au regard des
pouvoirs conférés à l’Officier est
contraire à l’article 6-1 de la
Convention Européenne des Droits de
l’Homme, qui stipule que seul un
tribunal indépendant et impartial établi
par la loi peut décider du bien-fondé de
toute accusation en matière pénale."
Dès lors, les conséquences pour le
justiciable sont multiples: l’amende est
automatiquement majorée par le Trésor
public, faute d’avoir été informé, dans
le délai légal, d’une contestation de
l’infraction par l’Officier du Ministère
Public. Des procédures fiscales de
recouvrement sont activées. Le retrait
des points correspondant à l’infraction
est effectué. Enfin, le contrevenant qui
se voit refuser l’accès à la justice,
peut toujours réitérer sa contestation,
mais au stade, cette fois, de l’amende
forfaitaire majorée.
Pour Maître Philippe YLLOUZ, Avocat
membre de la commission juridique de 40
millions d'automobilistes :
"Ces pratiques
abusives, ajoutées au principe de
consignation qui impose le paiement
préalable de l’amende avant toute
réclamation devant un juge, sont autant
d’obstacles à la contestation d’un PV.
La complexité du système et l’enjeu
financier ont, bien souvent, raison de
la pugnacité des contrevenants, qui
découragés préfèrent abandonner les
poursuites et se soumettre à la
violation de la loi."
Quant à René QUEFFELEC,
président de
l’association 40
millions
d’automobilistes, il considère que:
"Cet appel à témoin national va nous
permettre de démontrer devant la Cour
Européenne des Droits de l’Homme,
l’importance de telles pratiques
illégales en France. L’Etat n’aura
d’autre choix que de réformer son
système, pour garantir le respect des
droits de la défense."
Le formulaire de constitution de dossier
est accessible en cliquant sur le lien
ci-après :
le dossier
